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Déclaration en CAPA des élus CGT

10 juin 2015

DECLARATION A LA CAPA CERTIFIES DU 10 JUIN 2015

La CGT Éduc’Action a découvert le projet de circulaire de rentrée dans la presse. Le ministère de l’Éducation nationale, contrairement aux années précédentes, n’a pas pris le soin d’en discuter avec les organisations syndicales. Pour la CGT Éduc’Action, cette circulaire s’inscrit dans les politiques des précédentes et ouvre une nouvelle étape vers une dégradation du Service public d’Éducation.
La Ministre de l’Éducation nationale fait comme si la réforme du collège, mise en perspective dans la circulaire, ne rencontrait pas l’opposition d’une large majorité des personnels. Or, cette opposition existe (une nouvelle journée de mobilisation est d’ailleurs prévue demain jeudi 11 juin) et n’est pas celle d’une profession opposée à tout changement. Mais, telle qu’elle est proposée, cette réforme, loin de lutter contre les inégalités sociales et scolaires, qui se sont accrues, va les conforter et ne va pas dans le sens d’une réelle démocratisation de l’Education Nationale. Car, en effet, la création du collège unique a permis la massification de l’enseignement en France, mais jamais les moyens (budgétaires et/ou pédagogiques) qui lui ont été alloués, n’ont permis de passer à la phase de démocratisation.
Le collège, pivot de notre système éducatif, ne permet donc pas de rompre avec la reproduction sociale et demeure un outil de tri social et d’orientation subie en fin de 3e, malgré les efforts des personnels y travaillant.

Parallèlement à ce constat, la rentrée 2015 des collèges dans notre Académie se prépare avec une forte baisse des dotations décriée par les personnels. Ainsi, les belles paroles de notre Ministre montrant les efforts déployés et les moyens mis en œuvre, notamment par la carte des REP et REP+, apparaissent dans ce contexte comme une hypocrisie (Rappelons en effet que dans l’Académie un établissement d’Education prioritaire sort du nouveau dispositif, comme si changer de nom allait masquer la baisse de moyens quand on crie haut et fort qu’on les augmente…). En effet, que signifie une Refondation de l’Ecole à moyens constants sans jamais évoquer les effectifs et les moyens alloués pour les mettre en oeuvre ?

Après cette introduction un peu longue de politique générale (mais bien liée à la politique de gestion des personnels), nous allons regarder le mouvement INTRA 2015.
En 2014, le mouvement était particulièrement bloqué, à l’instar de l’année précédente. Cette année, on peut noter une nette amélioration qu’il faut souligner. La diminution du volume horaire des enseignants stagiaires a, en effet, permis de bloquer moins de postes (17) et donc de fluidifier un peu le mouvement. Cela a permis à un nombre non négligeable de TZR de se stabiliser (30% d’entre eux ont obtenu un poste fixe). Mais également, à des collègues déjà en poste de muter.
Pourtant, les possibilités de mutations demeurent très inégalitaires selon les disciplines et les zones géographiques. En italien, par exemple, l’absence de création de poste, alors que les heures sont nombreuses sur des bassins (ce qui permettrait de stabiliser des collègues sur une commune par exemple), ne permet toujours pas à des TZR de longue date, qui bénéficient d’énormes barèmes, de s’investir à long terme sur leur établissement. C’est d’autant plus difficile que ces collègues, parfois très éloignés de chez eux, travaillent souvent sur deux voire trois établissements.

Par ailleurs, la CGT dénonce encore et toujours le dispositif des postes spécifiques qui renforce le blocage du mouvement en permettant de passer au-dessus des barèmes. Ce procédé, joint à la multiplication des précaires dans l’Education Nationale depuis des années, continue d’empêcher le rapprochement des familles dans de nombreux cas et nuit à une qualité de vie des personnels, préjudiciable à la qualité de l’enseignement.

Pour conclure, il faut souligner les points positifs : le mouvement a un peu gagné en fluidité ; les services du Rectorat ont, comme toujours, œuvré avec beaucoup de bienveillance et de disponibilité à notre égard (Et nous les en remercions vivement). Mais le chemin est encore long pour compenser les années d’austérité qui ont permis la suppression de dizaines de milliers de postes. Et la politique actuelle dont nous parlions en début de déclaration ne nous permet pas d’être très optimistes sur le mouvement et, plus largement, sur le Service public d’Education : difficultés de recrutement, manque criant de postes dans certaines disciplines, et donc difficultés de remplacer les collègues mais aussi de muter. La précarité a manifestement de beaux jours devant elle. C’est pourquoi la CGT Educ’Action va poursuivre son combat pour une école de qualité pour tous.