Accueil > Luttes / Mobilisations > La cigale chante tout l’été, les maires préparent la carte scolaire

La cigale chante tout l’été, les maires préparent la carte scolaire

Terme des conventions ruralité, réflexion autour des petites écoles

23 juillet 2018, par Elena Blond

Des projets de concentration, de regroupement sont dans les tuyaux avec à la clé des fermetures importantes.

Les CONVENTIONS RURALITE ARRIVENT AU TERME DES 3 ANS

Dans l’Allier, le Cantal, ou en Haute Loire a proposé de contractualiser sur 3 ans avec les "partenaires" locaux. Ce projet a été présenté comme étant un moyen d’éviter les mesures de carte scolaire qui se traduisent souvent par des suppressions de postes. Cette convention propose de « lancer une réflexion sur les écoles, leur maillage, les équipements (notamment le numérique ) » et en contrepartie l’Education Nationale s’engage à maintenir le nombre d’emploi existants (clairement ni suppression, ni création) même si la démographie baisse.
Ainsi pendant 3 ans ces trois département ont effectivement observé aucune suppression de poste.

Si l’on lit plus attentivement, on comprend que l’on va exiger des “partenaires”, notamment les élus, à mettre en oeuvre la politique voulue par l’Etat, soit celle de la diminution des moyens ! Derrière ce joli bouquet d’intention se cache une gestion comptable des moyens, et ce pour plusieurs raisons.

Tout d’abord la base de calcul de départ est faussée puisque d’une part chacun de ces départements sont déjà en déficit de postes que ce soit sur les équipes de brigades, les rased sans parler des classes avec des effectifs importants. Le ministère s’engage à renforcer les rased mais dans ces conditions, quelle valeur peut-on porter à ce discours quand nous demandons à minima la restitution des postes massivement détruits entre 2010 et 2012 ?

Ce principe remet en cause l’égalité de traitement sur tout le territoire, pire encourage la mise en concurrence entre les départements ou entre les écoles, les communes à l’image des conséquences des mesures de dédoublement des CP et Ce1.

Un point nous inquiète particulièrement, celui du "maillage des écoles", il faut entendre derrière cette "intention politique et comptable" une vision concentrée des moyens autour de grandes écoles (ou Regroupements pédagogiques) situées dans la zone du collège de secteur donc de suppression à terme des petites structures. Pour exemple dans l’Allier la convention précise qu’à l’issue de ces 3 ans il y ait une “Diminution de la proportion d’écoles de une à trois classes (cible de 60% à moins de 50%).” Et on appelle ça la préservation de l’école rurale ! D’autant qu’il n’est pas prouvé que les conditions de travail soient moins bonnes dans les petites écoles et si c’était le cas il s’agit là plus d’une question de moyens que de taille. Nous retrouvons typiquement une illustration des choix politiques qui consiste à "regrouper, regrouper...", les écoles, les communes, les régions... On va pousser les maires à courir après tel ou tel label…
De telles “conventions” ne sont qu’un outil stratégique de la politique gouvernementale visant à faire passer la pilule de la réforme territoriale, de la diminution des moyens en direction des collectiviés, de celle à venir de la fonction publique en procédant à des regroupements avec pour conséquence la fermeture de centaines d’écoles.

Nous savons que des maires sont à pied d’oeuvre pendant l’été et engagent des réflexions dans le but de proposer des projets pour une nouvelle carte scolaire prévoyant entre autre des fermetures d’écoles, des élèves réorientés vers des grands groupes scolaires souvent proches des collèges.

Nous exigeons le rétablissement des postes supprimés et des créations pour reconstruire les équipes de brigades, de rased, et atteindre des seuils d’effectifs normaux. Nous ne voulons pas de ces conventions qui territorialisent l’éducation, mettent en concurrence les collectivités... Nous ne nous associerons à aucune forme de "consultations", de "groupes de réflexion" et autre "diagnostic partagé"....
Nous mettons en garde les élus locaux qui pourraient se laisser piéger par ces propositions qui appartiennent à une logique libérale mise en oeuvre par une politique d’austérité qui n’a pas démontré (au contraire) qu’elle profitait aux travailleur-euses de ce pays. L’argent est ailleurs, cessons d’asphyxier l’école qui est de plus en plus celle de la bourgeoisie et de ses privilèges !